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Walesa, Mazowiecki, Balcerowicz et Sachs parlent des transformations en Pologne

28.06.2008
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Vendredi soir, sur le terrain du Chantier Naval de Gdansk, le premier Président Lech Walesa, le premier Premier Ministre Tadeusz Mazowiecki et le premier ministre des Finances de la Pologne Indépendante, le professeur Leszek Balcerowicz, ont accepté l’invitation du Centre Européen de Solidarité à discuter des acquis de la période de transformation en Pologne ainsi que des défis à relever dans le futur par l’économie de ce pays. Le conseiller économique de Solidarnosc et du premier gouvernement non communiste de la République Polonaise, le Professeur Jeffrey Sachs de l’Université Columbia, a, quant à lui, envoyé un message sous forme d’enregistrement vidéo.

 Le professeur Sachs a rappelé l’année 1989. Il se trouvait alors à Varsovie, peu après la signature des accords « de la table ronde ». « Les magasins étaient vides, les gens sans espoir, les prix flambaient, l’hyperinflation était omniprésente, la dette étrangère était immense, et la peur était là également. En me rappelant la situation de l’époque, mais également au vu de tous les standards mondiaux, je reste persuadé que la transformation polonaise de ces 20 dernières années devrait trouver sa place dans les manuels d’histoire, comme un très grand acquis. (…) La Pologne a gagné ! – a estimé Sachs. Dirigée par Lech Walesa, « mon héros », comme l’a appelé le Docteur Sachs, et par Tadeusz Mazowiecki et Leszek Balcerowicz, la Pologne a mis rapidement en place les réformes indispensables. Difficiles, parfois radicales, socialement coûteuses, mais indispensables. 

Le Président Lech Walesa, qui a été accueilli par une « standing ovation » par les participants de la Conférence d’économie Sociale de Solidarnosc organisée à Gdansk, dans le cadre de laquelle ce débat a été organisé, a parlé de ce qui, selon lui, n’avait pas réussi. « Nous avons commis une erreur », a-t-il constaté, « car nous avons donné plus à ceux qui avaient déjà beaucoup et privé ceux qui n’avaient rien. C’est de là qu’est née l’idée, qui a fait rire certains, des cent millions. Je voulais donner une égalité des chances. L’idée a raté. Somme toute, nous avons perdu beaucoup trop de temps, bien qu’au total nous ayons remporté un succès, puisqu’il n’y a plus de communisme ! Ce n’est pas la peine de pleurer aujourd’hui sur ce qui a été. Bien sûr, il y a eu des erreurs, mais qui n’a jamais commis de faute ? Maintenant, nous devons regarder vers l’avenir, rattraper le monde car, en pleine période de mondialisation, nous avons besoin de solutions nouvelles. Quel doit être le fondement de notre futur ? Les valeurs, bien entendu. Comme le disait Jean Paul II, nous devons élever des gens dotés d’une conscience », a dit Lech Walesa.

Tadeusz Mazowiecki a ensuite pris la parole pour revenir sur le débat à propos du passé du leader de Solidarnosc. « Monsieur le Président, protéger votre dignité, c’est protéger notre dignité à tous », a-t-il affirmé, chaleureusement applaudi par la salle. « Les murs se sont écroulés », a-t-il poursuivi, faisant par là allusion à la célèbre chanson du barde polonais Jacek Kaczmarski, interprétée avant le début des débats. « Ils se sont écroulés, alors ne transformons pas notre succès en échec. Rappelons-nous ce qu’était la Pologne il y a 20 ans. Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, il a fallu rapidement prendre des décisions. Devions-nous nous contenter de repriser les trous, ou bien transformer le système en profondeur ? Nous avons opté pour la deuxième solution. Aujourd’hui, on peut voir que c’était la bonne décision à prendre, bien que nous aurions certainement pu mieux faire dans de nombreux cas.  

Pour le professeur Leszek Balcerowicz, on abuse souvent du mot solidarité en politique. « La Solidarité ne consiste pas à augmenter les impôts, puis à redistribuer ensuite l’argent (…) L’idée qui veut que le marché tue la solidarité est fausse. Il faut savoir dire ‘non’ au populisme ! La pauvreté dans le monde ne vient pas du fait que certains sont riches. La raison de la pauvreté, c’est le socialisme. Regardez la Chine, jusqu’il y a peu socialiste et pauvre ; aujourd’hui, le pays sort du socialisme et se défend très bien. Nous ne sortirons pas les pauvres de leur pauvreté si nous ne nous débarrassons pas des restes du socialisme. (…) »
Le débat organisé dans le Chantier Naval de Gdansk était mené par le directeur du Centre Européen de Solidarité, le père Maciej Zięba.

 

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